vendredi 16 décembre 2011

lecture, La faim de l'âme, Jacqueline Kelen

Une approche spirituelle de l'anorexie.
"Colombe " d'Eric Brucher est totalement en accord. Mon expérience d'enseignante aussi.
Qques notes:
Ils cherchent la roseraie et on leur indique le chemin de l’hôpital. Ils déplient leurs ailes encore fragiles et on les enferme pour les gaver. Ils rêvent de perfection et d’idéal et on leur parle de problèmes et de thérapie. Ils se sentent singuliers, ardents, et on les ravale au niveau des malades mentaux, de névrosés quelconques. Mais ils résistent, ils tiennent bon : leur âme a hâte de respirer le parfum délicieux que répandent les roses lointaines. (les 1res lignes du livre, p. 11)

Nous avons (…)  assisté sans rien dire à la « ruine de l’âme » contre laquelle le médecin Rabelais nous mettait en garde, ruine née d’une science qui a répudié la conscience et s’en félicite. Ou peut-être n’avons-nous pas perçu le tour de force étonnant réalisé par l’institution psychiatrique et psychanalytique. Jusqu’à Freud, le domaine de l’âme relevait à la fois de la philosophie et de la religion mais c’était aussi une question majeure s’adressant à tout individu quelque peu pensant. Puis les cliniciens et psychologues ont pris le pouvoir ; ils ont accaparé l’âme qu’ils ont vidée de sa substance, de sa puissance et de sa destination en la réduisant au psychisme, en l’assimilant aux émotions, aux troubles, au subconscient. Ainsi, en début de ce IIIe millénaire, l’âme se voit interdite de séjour après qu’on l’a volontairement confondue avec une sensibilité maladive ou un dogme de l’Eglise. (p. 26)

« Ô toi qui es un Athénien, un citoyen de la cité la plus importante et la plus renommée dans les domaines de la sagesse et de la puissance, n’as-tu pas honte de te soucier de la façon d’augmenter le plus possible richesses, réputation et honneurs, alors que tu n’as aucun souci de la pensée, de la vérité, de l’amélioration de ton âme, et que tu n’y songes même pas ? » (Platon, Apologie de Socrate). (p. 29-30)

Rimbaud l’avait dit, fuyant sur ses semelles de vent : « La vraie vie est ailleurs. » Et cet ailleurs n’est pas géographique mais métaphysique. (p.33)

Même la «fracture sociale » (…) me semble de peu de poids par rapport à la terrible coupure d’avec le sacré dont le monde occidental est marqué. (p.35)

Je ne rêve pour ma part nullement de retrouvailles entre l’Eglise et l’Etat, ni d’une monarchie catholique, ni d’une république islamique, ni d’une démocratie bouddhiste. Mais je souhaite de toutes mes forces que soit enfin entendue et prise au sérieux la voix de certains jeunes gens assoiffés de biens immatériels, soucieux de verticalité. (p. 36)

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