Olivier Masset-Depasse, 2009, La BA.
J. et F. ds 1 avion vers Genève ont vécu exactement la situation il y a quelques mois.
Le 16 juillet 2012 matin. Brussels airlines, départ à
8h45.
J et F, arrivés dans l’avion, leur place est occupée par un homme
qui crie et se débat maitrisé par 3 policiers.
On attribue à J et F des places qui ne sont plus
côte à côte. Ils s’arrangent avec leurs voisins de hasard et se retrouvent
réunis devant le siège de la personne qui se débat. Ils comprennent qu’il
s’agit d’un réfugié qu’on expulse. La scène est violente, et, pour eux insupportable. J. pleure, demande de sortir de l’avion, dit qu’elle
est enceinte et ne peut supporter. On la rassure, lui dit qu’elle n’a rien à
craindre. Elle rétorque qu’elle ne craint rien pour elle-même, mais qu’elle ne
veut pas faire partie de cette société violente, que c’est cette situation qui
l’écœure.
C’est vivre en direct, dans sa chair, le drame d’une expulsion. Ce qu’on lit tous les
jours dans les journaux sans mesurer le drame.
Les autres personnes restent impassibles (contrairement au film) , lisent leur
journal, s’abstrayant volontairement d’une scène « qui ne les regarde
pas ».
J s’obstine à vouloir descendre, car, d’une certaine
façon, la simple présence cautionne ce qui s’y passe. L’hôtesse va
discuter avec le pilote, pour leur permettre de descendre, pensent-ils.
Etonnamment, ce qui se passe, c’est qu’on fait descendre le
réfugié qu’on voulait expulser !
Recommencer les papiers, l’ordre d’expulsion…, il semblerait
que cela prenne beaucoup de temps. Aura-t-il un sursis ?
Double choc. A la fois
de la scène dont ils ont été témoins. Mais aussi de se rendre compte que chacun
a du pouvoir. Que les choses sont ce qu’elles sont parce qu’on laisse faire.
Que s’opposer, dire non, a un poids, une force terrible. C’est cette
évidence-là qu’ils en retirent. Ca aussi, c’est un choc, le poids d’une
responsabilité.
Il semblerait aussi que rien ne peut forcer un pilote – il a
tous les droits sur son « navire » ? - à accepter dans son avion
une expulsion, mais que bien sûr la pression sur lui est forte.
Une remarque de Zoé Genot, attentive à ces faits de façon constante :
En
effet il suffit souvent d’un seul passager qui proteste pour reporter
l’expulsion et permettre à l’avocat d’encore essayer….
C’est pourquoi des gens vont à l’aéroport pour sensibiliser les passagers…
C’est pourquoi des gens vont à l’aéroport pour sensibiliser les passagers…
Sur quel critère légal expulse-t-on ?
Réponse. Malheureusement le seul critère
pour l’office des étrangers, c’est : peut-il prouver qu’il est personnellement menacé ? C’est
comme cela que 80% des demandes sont refusées…. Malheureusement cette situation dure depuis des années…
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